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  • : Grand lecteur de romans noirs, de science-fiction et d'autres trucs bizarres qui me tombent sous la main
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 21:23

     Chose promise, chose due, voici le deuxième compte-rendu, très succinct je le concède, de mes lectures BD.

 

     ligue couvOn commence par l'ouvrage le plus attendu, du moins en ce qui me concerne, celui ouvrant la seconde époque de La Ligue des Gentlemen extraordinaires.

 

     Difficile de prendre en défaut la sagesse populaire, avec cet album l'attente est déçue. Certes, La Ligue ne figure pas parmi les incontournables d'Alan Moore. On est un gros cran en-dessous de son chef-d'œuvre From Hell et des Watchmen et autre V for Vendetta. Mais bon, comme j'ai beaucoup apprécié le jeu avec les références de la littérature populaire (en vrac : Wells, Verne, Poe, Sax Rohmer...), la tonalité très noire de l'intrigue et le graphisme de Kevin O'Neill, je me faisais une joie de replonger dans cet univers.

 

     Ici, des personnages initiaux, il ne reste guère plus que Miss Murray. Exit Allan Quatermain, Hyde, Nemo et l'homme invisible. Place à de nouveaux caractères dégageant un charisme moindre, je trouve.

 

     En fait, cet album m'a fait surtout l'effet d'une longue, voire interminable, scène d'exposition, pimentée d'une vague intrigue à base d'ésotérisme. J'attends encore de voir, toutefois avec des raisons d'espérer, notamment grâce à un nouveau personnage féminin fort : la fille de Nemo.

 

 

 

   

     On continue avec une lecture madeleine, de celle vous replongeant aussitôt dans la nostalgie d'un passé révolu. Je sais, un blog offre l'opportunité de s'épancher, de livrer en pâture à une multitude d'anonymes (ou pas) son intimité. marone.jpgToutefois, je vous épargnerai le détail de ma jeunesse, somme toute banale et sans doute affligeante de normalité.

 

     Bref, lecteur assidu de Spirou, j'ai connu la grande époque des bas et haut de page illustrés, lorsque s'y déroulait le déchaînement satirique orchestré par Yann et Conrad, un duo de troublions dont l'ironie mordante a failli avoir la peau de Leloup (Yoko Tsuno) et de De Gieter (Papyrus), deux des principaux auteurs maison.

 

     C'est dans ces bordures rognées sur les séries vedettes de l'hebdomadaire que naquirent Bob Marone et Bill Gallantine, les presque alter-égos des héros d'Henri Vernes, avant d'avoir droit à une parution en deux albums.

 

     Les deux titres font l'objet ici d'une réédition chez Dargaud dans un seul album à l'apparence vintage, préfacé par Henri Vernes himself et agrémenté de quelques bonus bienvenus. Que dire sans basculer dans le propos de fan de base. Bob Marone est sans doute ce que Yann a produit de mieux. La quintessence du mauvais esprit, de l'humour de sale gosse et de la parodie au vitriol. Emphase ridicule des dialogues, situations grotesques voire déviantes - Bob et Bill sont amants puisque homo-sexuels -, personnages volontairement caricaturaux ; c'est iconoclaste du début jusqu'à la fin. J'ai beau chercher, à vrai dire je ne vois que Les Libellules pour faire jeu égal (faudra que j'en cause plus longuement d'ailleurs) et peut-être aussi la série Les Innommables, du moins les premiers épisodes.

 

Planche bd 11165 BOB%20MARONE

 

 

     On termine par une révélation, en tout cas en ce qui me concerne, avec King of Nekropolis de Danijel Zezelj. couv-kingOfNekropolis.jpg

 

     Intelligence de la narration, alternant flash-back et présent - cela malgré une intrigue très classique -, puissance d'évocation du graphisme, des traits et aplats noirs appliqués nerveusement, perspectives inquiétantes, on se trouve devant une œuvre provocante et baroque.

 

     Traumatisme, folie, drogue, les thèmes abordés par Zezelj rappellent ceux de Philip K. Dick. Zezelj emprunte d'ailleurs certains codes et ressorts à la science-fiction. On n'est cependant pas loin aussi de l'univers du roman noir à la Chandler, avec comme toile de fond détective privé, pouvoirs corrompus et ville tentaculaire aux rues regorgeant de marginaux et de flics ripoux.

 

     Bref, je suis conquis et comme on dit grand bien de Rex, je vais lire rapidement cet album.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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