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  • : Grand lecteur de romans noirs, de science-fiction et d'autres trucs bizarres qui me tombent sous la main
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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 13:27

     Je ne suis pas trop fan de manga. Je trouve les personnages stéréotypés et les gimmicks des scénarios me déplaisent. À vrai dire, hormis Nausicaä de Hayao Miyazaki, je me rends compte que je n'ai pas lu grand chose. Il faut savoir combattre ses préjugés pour vaincre sa frilosité, hein ?

 

     Attiré par le titre, puis par le contexte historique, mon choix s'est finalement arrêté sur une série déclinée en sept tomes pour l'instant, j'ai nommé Vinland Saga. Un choix judicieux, certes dicté par le contexte, je vais y revenir, mais aussi par le graphisme accrocheur.

     Bon, on retrouve les habituelles japoniaiseries (je vais me faire des amis sur ce coup) : combats dilatés dans le temps, combos imparables déjouées par un coup de théâtre, quelques personnages stéréotypés, une certaine outrance dans les émotions, mais globalement rien de fâcheux. Pas au point de me faire tomber le bouquin des mains. C'est tout à fait le contraire qui c'est produit d'ailleurs. J'ai été happé par l'intrigue, lisant les sept volumes d'une seule traite.

 

     Quid de l'histoire ? Faisons simple. Vinland Saga entremêle deux trames narratives. Il alterne Grande comme petite histoire.

Pour la Grande histoire, il s'agit des invasions vikings, plus particulièrement de la conquête de l'Angleterre initiée par le roi Svend à la barbe fourchue, suite au massacre de la Saint-Brice perpétré par le roi Ethelred. Un méfait pour lequel ce dernier recevra le surnom de malavisé.

     Pour la petite histoire, on suit les pas d'un jeune orphelin, Thorfinn, dont le père a été tué par traîtrise par le chef de bande Askeladd. Pas de quoi crier au génie me dira-t-on. Et pourtant, cette intrigue simple prend de l'ampleur et se complexifie progressivement, dévoilant des aspects de la personnalité de chacun des personnages, au point d'en modifier notre perception.  À vrai dire, le seul qui reste monolithique pour l'instant, c'est ce garnement de Thorfinn, mais je suis curieux de voir s'il ne va pas évoluer lui-même. Sait-on jamais.

 

     Bref, je suis sous le charme, pour ne pas dire enthousiaste. Charmé par le refus du manichéisme, aucun des personnages principaux, à quelques exceptions près, n'étant taillé dans un marbre inébranlable. Enthousiasmé par l'utilisation du contexte historique.

 

     Avis aux lecteurs de ce blog. Je suis preneur de toute suggestion, toute invitation à découvrir ou incitation au crime, pour tout autre manga du même genre.

     C'est à vous.

   

  

vinland-saga-tome-7.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vinland Saga de Makoto Yukimura – Éditions Kurokawa (sept volumes parus à ce jour en France)

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commentaires

K2R2 07/09/2010 17:14



Merci Gritche pour ces pistes de lecture.



Erispoe 06/09/2010 23:00



Je ne suis pas un connaisseur de mangas, j'en ai lu très peu.


 


Je te rejoins quant à ton enthousiasme concernant Vinland Saga. J'ai eu un peu de mal avec le graphisme au début (je me souviens en particulier d'un nobliau franc dont le dessin
me semblait assez grotesque dans le 1er tome...). Mais, effectivement, au fur et à mesure, l'intrigue se complexifie (là où on aurait pu crainde un énième récit de vengeance) et la
"reconstitution historique" à laquelle s'est livré l'auteur m'a beaucoup plu (rien que l'intérieur de la maison islandaise des parents de Thorfinn... !). J'accroche vraiment beaucoup à cette
série.


 


Malheureusement, je suis comme toi pour Planetes. Lorsque je m'y suis intéressé après avoir lu des avis enthousiastes sur le forum du Cafard, 2 des tomes étaient déjà
indisponibles. Pour la réédition, je crois que c'est foutu pour pas mal de temps car les éditeurs n'ont même pas profité de la venue de Yukimura à Angoulême pour rééditer les tomes épuisés...


 


-> K2R2 : A ta place, je lirai vite la suite de Pluto. C'est une excellente série ! Lorsqu'on ne connaît Astro que par le dessin animé qui passait à la télé il y a 15/20 ans,
on rate sans doute certaines références mais on accroche quand même ! Pour Taniguchi, j'ai aussi apprécié Sky Hawk, ou la rencontre de 2 samouraïs en rupture de ban avec Sitting
Bull et Crazy Horse. L'histoire est plus "pêchue" que Quartier Lointain ou le Journal de mon père, mais les amateurs de Danse avec les loups ou de Jeremiah
Johnson devraient apprécier.


 


-> Le Gritche : Merci pour toutes tes pistes de lecture (je vais me laisser tenter par quelques unes des séries que tu proposes). Dans ta liste, je ne connais que Dragon Head,
un manga post-apo très noir. J'ai la série mais j'avais été un peu déçu par la fin.



yossarian 07/09/2010 21:11



Ah oui ! Le nobliau rase moquette tout en gueule. J'ai eu peur aussi, un instant.


Bon, j'ajoute Pluto.



le gritche 06/09/2010 17:22




Otagaki Yasuo, Moonlight Mile: SF spaciale avec géopolitique. Publication arrêtée au vol 10 en France et qui aurait mérité un gros soutien.


 


Hoshino Yukinobu, 2001 Nights, datant de 1985. Non paru en France. Certains disent que c’est le meilleur de la SF en manga, et un des uniques exemples de hard SF. A se procurer absolument AMHA
(la team de traduction « Iscariote » l’a scantradé).


 


Hiroki Endo, Eden: it’s an endless world. SF post-apo et cyber, le début est très accrocheur et fait sérieux. Je ne peux parler de la suite mais le manga est terminé et
semble de bonne facture. Personne n’en parle.


 


Tatsumi Yoshihiro, l’Enfer + Coups d’éclat (et autres recueils). Des nouvelles sombres, souvent liés au sexe et à la ville. On est dans le gekiga, ces histoires dramatiques dont on ne parle pas
beaucoup en France et qui pourtant ont tiré le manga vers le haut par le passé. La surenchère de pathos est le principal défaut du genre mais ici ce n’est pas le cas.


 


Shaku Eisho, Imbéciles heureux : la folie ordinaire, avec sa violence et son humour grinçant. L’auteur
en fait des tonnes mais ça fait un peu partie de l’esthétique manga, qui fait toujours dans la parodie à des degrés divers.


 


Keichi Koike, Heaven’s door : recueil de nouvelles, dont certaines un peu SF et oniriques. Le recueil est inégal mais je le conseille chaudement. Du manga d’auteur.


 


 


Mochizuki Minetaro, Dragon Head : histoire post-catastrophe très graphiques. Un peu éprouvant mais une référence dans le genre. Ce qui me fait penser à….


 


Umezu Kazuo : l’école emportée : histoire de SF écrite dans les 70’s (une belle époque un peu oubliée du manga) où une école est donc projeté dans un ailleurs hostile. Beaucoup de
violence, la survie à son maximum, de la cruauté et pas des masses d’espoir.


 


 


Tsutomi Nihei, Blame : sans doute assez médiatisé, j’en rajoute pas plus.


 


OSAMU TEZUKA : hyper connu, de nom en tout cas : n’ayant lu qu’une infime partie de son œuvre, je cite la femme insecte, ayako , phénix (le 2ème volume intitulé « les
temps futurs » vaut son pesant de SF)


 


YUMEMAKURA Baku, Omniyouji : genre historique + exorcisme. Les renvois aux notes sont fréquents et l’ont apprend plein de choses sur les
démons et compagnie, grâce à une édition française très consciencieuse: le style et les dialogues jouent sur l’immersion plutôt que l’anachronisme et ça fait du bien.


 


Yuki Urushibara, Mushishi : je conseille ardemment l’adaptation en anime. De l’exorcisme sous un autre angle, plus contemplatif.


 


 


 


Kurosagi, livraison de cadavres : une drôle d’équipe se met à prendre des petits boulots liés au déplacement de cadavres.


 


Blessures nocturnes : un prof de cours de soir se met à s’occuper des enfants en difficulté. On sent l’aspect autobiographique et ç a fait du bien de suivre un personnage si humain dans une
société qui a l’air d’écraser son prochain dès qu’il tombe à terre.


 


Ikigami : sorte de dystopie japonaise où l’on tue une tranche de la population automatiquement pour que le reste se tienne à carreau. Le concept me parait indéfendable mais le manga, lui, se
défend très bien. Uns seinen de grand standing avec du tragique à la pelle.


 


Q. Hayashida, Dorohedoro : peut évoquer Gunnm : univers violent et urbain.


 


A vous d'en chercher d'autres dans els seinen ou les one shot...




yossarian 07/09/2010 21:09



Ok !


J'ai fait quelques commandes. Je donnerai suite.


Merci.



le gritche 05/09/2010 12:54



Certes, il est de bon ton de citer Taniguchi et Urasawa (bien qu'ils soient sans rapport avec Vinland Saga), mais je conseille à tous les débutants remplis d'a priori qui s'ignorent - et ils sont
nombreux - de ne pas arrêter leur sélection à une poignée de mangaka toujours cités comme les seules références.


 


Pour exemple, les propos péremptoires d'un Arkady Knight sur le Cafard à propos du superbe (vraiment ?) Sky Crawlers montrent à mon sens que des critiques avertis peuvent ravaler la japanimation
ou le manga à une poignée d'oeuvres médiatisées, le reste étant probablement négliegable, n'est-ce pas ?



yossarian 06/09/2010 07:57



gritche >> As-tu des suggestions moins médiatisées ?



K2R2 04/09/2010 22:08



Ben pour les réfractaires au manga, il y a toujours l'excellent Jiro Taniguchi ("Le journal de mon père", "Quartier lointain", "Le sommet des dieux"). Sinon j'aime bien Urasawa, même si "Monster"
et "Twentieth Century Boy" trainent un poil en longueur (J'ai lu les deux premiers volumes de "Pluto" et c'est pas mal). Mention spéciale pour l'excellent "Planètes" de Yukimura, qui a le mérite
de ne compter que 4 volumes.


 



yossarian 06/09/2010 07:56



Taniguchi, c'est fait. Un peu BD européenne dans l'esprit, non ?


Urasawa, je n'ai pas accroché.


C'est vraiment dommage pour Planètes