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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:44

vermilion_sands.jpg

     Entre Red Beach et West Lagoon, Vermilion Sands se détache tel un mirage sur fond de mer ensablée. Lieu de villégiature estivale d'une colonie de riches oisifs, la station balnéaire semble émerger des œuvres conjointes de Salvador Dali et de Frank Lloyd Wright. Comme un rêve éveillé marqué par diverses névroses et une lassitude balnéaire provoquée par des bains de soleil répétés. Un tropisme propice à toutes les déviances et expérimentations artistiques évoluant au gré des fantasmes et de la fortune de ses habitants.

 

     Dans ce creuset où l'extraordinaire paraît banal et l'ordinaire se teinte d'excentricité, il n'est pas rare de croiser des sculpteurs de nuages à l'œuvre sur le bord de l'autoroute, en quête d'un éventuel mécène, ou d'entendre les chants stridents, quasi-hypnotiques, des sculptures soniques proliférant comme du chiendent dans les récifs de sable.

     Pour peu que le porte-monnaie suive, on peut y acquérir des fleurs douées pour l'art lyrique et les caprices ou une garde-robe complète confectionnée en biotextile dont l'étoffe vivante chatoie sans cesse au point d'ouvrir les portes de la perception.

     Et si l'on souhaite s'enraciner pour un temps, pas de problème. Les demeures à louer abondent, restituant sans rechigner l'humeur changeante de leurs occupants. Un must !

Riches veuves ou héritières, magnats du cinéma et vedettes du septième art, artistes maudits et célébrités adulées par les galeristes, tous ne s'y sont pas trompés. Vermilion Sands est le lieu où il faut se rendre, où il faut être vu.

     À la condition de prendre garde aux raies volantes, omniprésentes, dont le fourreau cache un dard venimeux redoutable. À la condition de ne pas succomber aux illusions tissées par quelque femme fatale, à la dérive, ou aux obsessions des dilettantes opulents hantant les lieux.

 

     En dix nouvelles, J.G. Ballard dresse le portrait d'un futur chimérique correspondant à une banlieue exotique de son esprit. Un paysage intérieur empruntant à la fois au rêve, teinté de cauchemar, et à la dramaturgie antique. Une sorte de restitution picturale, symbolique, de son imagination. L'union de Psyché, Éros et Thanatos.

     Car Vermilion Sands apparaît bien comme un décor dont l'apparence idyllique masque une nature plus anxiogène. Un décor dont les ors se ternissent et les couleurs gaies se craquèlent. Le reflet d'une période faste en train de s'achever. Une pantomime où les relations d'amitié s'avèrent superficielles et sans lendemain, où l'amour tient davantage de la prédation que de la communion.

 

     Privé de sa volonté, on se laisse porter par les vagabondages des personnages, happé par les dangereuses visions d'un auteur en proie à un spleen contagieux. Et l'on arrive, sans vraiment en comprendre le cheminement, à la seule conclusion possible. Ne pas lire Vermilion Sands serait une faute impardonnable.

 

vermilion-sands.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vermilion Sands de J. G. Ballard – Réédition Tristram, collection « Souple », janvier 2013 (édition augmentée établie par Bernard Sigaud)

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commentaires

http://www.windowssupportnow.com 21/03/2014 12:35

Eventhough our earth is full of rocks mountains and sand s there are special; places on earth where rocks and hills is abundant and there are some places where rocks is merely seen. A very good example is the dessert.

Cachou 01/04/2013 19:07


Mais... Mais... Mais... Pourquoi elles s'appellent "intégrales" alors?!? O_O (je me sens flouée du coup, d'autant plus qu'il s'agit quand même de MÊME éditeur...)(zut quoi).

Cachou 29/03/2013 20:05


Il existe combien de versions de ce livre?!? Moi j'en ai une au Livre de Poche, pas très jolie mais toujours en très bon état. Et complètement oubliée par moi. Mais c'est que je voulais avoir les
trois intégrales des nouvelles de l'auteur avant de tenter d'en lire de toute façon. Je m'en suis déjà fait offrir une.

yossarian 01/04/2013 14:37



Ahah ! Pour te répondre, les éditions OPTA/pocket comportent 8 nouvelles, l'édition J'ai Lu 9 nouvelles et celle de Tristram 10 nouvelles, dont "Le labyrinthe Hardoon" que tu ne retrouves pas
dans les intégrales de nouvelles chez Tristram.


Tout est foutu !!



ONE MORE BLOG IN THE GHETTO 25/03/2013 08:39


Bonjour.


De grosses différences avec la version parue chez OPTA ?


Amitiés

yossarian 25/03/2013 18:37



Salut,


A priori, nouvelle traduction* et deux nouvelles supplémentaires par rapport à l'édition Opta.


* Aux dires de certains, mauvaise. Perso, je n'ai fait que comparer à celle de l'édition J'ai Lu de 1979. Je l'ai trouvée mieux. Maintenant, je ne suis pas un spécialiste...



Mitch 23/03/2013 23:20


Merci pour cette nouvelle belle critique.


J'avais déjà tenté ballard via crash et le style m'avait un peu refroidi. La traduction ?


En tous cas maintenant je retenterai avec enthousiame Vermilion Sands. 


D.


 

yossarian 25/03/2013 18:42



Salut,


Je pense sincèrement que Vermilion Sands est un sommet dans l'oeuvre de Ballard. Pour avoir lu d'autres titres plus récents, j'ai ici vraiment été happé. AMHA, c'est une
lecture à tenter.