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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 10:04

     Causons un peu de Spirou et FantasioCette série emblématique de la BD franco-belge a bercé mon enfance. Au moins autant que Tintin, les aventures de Lucky Luke et Astérix. Toutefois, j'avoue un net penchant pour les créatures nées des œuvres de Rob-Vel et Jijé. Je ne pense pas me distinguer du vulgum pecus en affirmant que la reprise en main par Franquin apparaît comme la période faste de la série. Un véritable âge d'or pendant lequel l'auteur belge étoffe l'univers des deux héros en lui conférant une dimension poétique et décalée incomparable, du moins à mes yeux. Pour mémoire, Franquin c'est le marsupilami, le comte de Champignac, Zantafio, Seccotine, Zorglub (en collaboration avec Greg) et bien d'autres merveilles...

     Même si par la suite, Fournier, Chaland, Tome et Janry ne déméritent pas – je ne parle pas de la période Broca et Cauvin que je déteste –, Franquin reste ma madeleine.

Ayant sciemment zappé la reprise de Morvan et Munuera, j'ai remisé avec nostalgie dans un coin de ma mémoire (et de ma bibliothèque) les albums de Franquin. À côté de ceux de Gaston Lagaffe et des deux tomes d'Idées noires, cela va de soit.

     Je comptais en rester là, lorsque mon attention a été attirée par une série parallèle créée en 2006. Des one-shots confiés à des auteurs différents leur permettant d'exprimer une vision personnelle et décalée des deux héros. L'expérience me paraissait à la fois intrigante et inquiétante. En fin de compte, la qualité et une certaine impertinence semblent au rendez-vous. Ouf !SpirouFantasioLesGeantsPetrifies.jpg

 

 

     Commençons par Les Géants pétrifiés. L'album dessiné par Yoann et scénarisé par Vehlmann a le privilège d'inaugurer la nouvelle série. Un honneur mais également une mise en danger, en première ligne, exposé aux critiques des fans et autres gardiens du temple.

     Si le dessin déroute dans un premier temps, le rythme de l'histoire, l'humour et les clins d'œil finissent par emporter l'adhésion. Les auteurs rendent nettement hommage à Franquin. Mais on pense à Indiana Jones, à Jurasic Park, au Seigneur des Anneaux (si si !) et à d'autres films d'aventures grâce aux nombreux détails et réparties égrainées par Yoann et Vehlmann. L'inspiration se fait clairement cinématographique, introduisant un second niveau de lecture qui n'est pas déplaisant.

Bref, Les Géants pétrifiés est une bonne entrée en matière pour cette série par des auteurs dont on peut recommander par ailleurs les autres albums, je pense en particulier à La voleuse du Père-fauteuil, hommage au roman-feuilleton foutraque et délirant et Le Marquis d'Anaon, BD historique un peu plus sage.

 

 

 

 

les marais du temps

  

     Après ce premier épisode rafraichissant, je confesse que j'attendais Frank Le Gall au tournant. D'emblée, il calme le jeu par rapport à ses prédécesseurs. Je connaissais le goût de l'auteur pour l'aventure et les pays lointains. Les amateurs de Théodore Poussin – j'en suis – peuvent en témoigner. Ici, il compose un récit de voyage dans le temps, ressuscitant pour l'occasion Zorglub, et nous emmène dans le Paris de 1865.

     Si Les Géants pétrifiés lorgnait du côté de Franquin, Le Gall guigne plutôt du côté de Eugène Sue. En effet, Les marais du temps est une interprétation très personnelle des aventures des deux héros et de leurs amis/ennemis, un peu à la manière des feuilletonistes. L'auteur intègre à son récit la langue verte (l'argot parisien du XIXe siècle) et brode un récit prêtant davantage à la reconstitution historique. Ceci n'est aucunement une critique, d'autant plus que l'histoire de Franck Le Gall semble s'amuser énormément, mais l'on peut comprendre que certains fans soient restés sur le carreau comme deux ronds de flanc (expression imagée comptant double).

 

 

 

 

 

 

le-tombeau-des-champignac.jpg     Après ce périple historique, j'avoue un certaine impatience à découvrir l'épisode dessiné par Tarrin et scénarisé par Yann. Le trait du premier se rapproche de celui de Franquin. Quant au second, il n'est pas besoin de rappeler l'impertinence de ses scénarii. J'attendais donc un feu d'artifice avec cet album et finalement je suis déçu. Le Tombeau des Champignac m'a laissé sur ma faim pour plusieurs raisons. Tout d'abord, son scénario est un tantinet léger. L'exploration de la généalogie du comte de Champignac ne débouche au final que sur une aventure très convenue. Et puis le trait de Tarrin ne rattrape pas la faiblesse de l'intrigue. Celui-ci est relâché, sommaire, pour ne pas dire bâclé.

     Bref, il ne me reste de cette histoire que le plaisir de renouer avec le personnage de Seccotine et celui de retrouver la turbotraction. Passons. (A posteriori, je pense que je juge trop cet album à l'aune de ma déception)

 

     La suite, quand j'aurais le temps...

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commentaires

Erispoe 10/10/2010 11:18



Dans la même série, j'espère que tu as lu le "Journal d'un ingénu" d'Emile Bravo.


Je l'ai trouvé excellent.



yossarian 10/10/2010 16:37



Yep ! Lu et approuvé. Faut juste que je trouve le temps pour en causer.