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  • : Grand lecteur de romans noirs, de science-fiction et d'autres trucs bizarres qui me tombent sous la main
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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 15:21

     La blogosphère semble être le lieu adéquat pour les crises d'égotisme. Aussi vais-je m'épancher douloureusement en vous confiant mon aversion pour George R.R. Martin. La raison de tout cela : « Le Trône de fer ». Une série de fantasy interminable (pléonasme), pour l'instant encore inachevée, déclinée également en jeux vidéo, en jeux de plateau, de rôle, en feuilleton télévisé et en comics. Une lecture confinant à la purge en ce qui me concerne. Je n'ai jamais compris les raisons de l'engouement pour ce truc, variation boursoufflée des Rois maudits de Maurice Druon, une source d'inspiration dont ne se cache pas Martin himself.

 

     Bref, je ne vous fais pas un dessin...

 

     Guère étonnant que je sois revenu à George R.R. Martin avec des pincettes. Quelques nouvelles d'abord, puis un roman de SF ma foi sympathique (Le voyage de Haviland Tuf) et maintenant une novella : Skin Trade.

Pas un bien grand risque me dira-t-on, compte-tenu du synopsis mêlant polar et fantastique, deux genres que j'affectionne tout particulièrement.

 

     Quid de l'histoire ?

     Dans la grande cité tombée en déliquescence, dont la description évoque quelques métropoles nord-américaines, entre les vestiges d'une gloire passée, fondée sur « le fer et le sang », et les friches industrielles, la police a fort à faire pour contenir la délinquance quotidienne.

     Dans ce contexte sordide, une série de crimes atroces défraient la chronique urbaine. Mais pour Willie et Randi, ils réveillent de vieux et mauvais souvenirs.

     Installé pour ainsi dire aux première loges, Willie Flambeaux côtoie les déclassés, le sous-prolétariat vendant ses bras aux plus offrants et les familles exposées aux fins de mois difficiles. Le bougre agit pour le compte d'une agence de recouvrement. Dépositaire de nombreux secrets, il mène lui-même une double vie, du genre que l'on ne nomme pas.

     Parmi ses relations, Randi Wade fait figure d'amie proche. Détective privée, la jeune femme a appris toutes les ficelles du métier en sa compagnie, délaissant une carrière prometteuse dans la police pour disposer de davantage d'indépendance. Une qualité essentielle à ses yeux depuis le meurtre non élucidé de son père, flic têtu réputé incorruptible.

     Pour Willie et Randi, cette séquence mortelle ne peut pas rester sans solution.

 

     N'épiloguons-pas sur cette tendance lourde de l'hybridation, dont l'un des objectifs semble être de casser les codes en mélangeant archétypes et ressorts des littératures de genre. Non, bien au contraire, concentrons-nous sur l'objet du délit : cette novella publiée par les éditions ActuSF.

     Voici une initiative qu'il convient de saluer, même si le succès du « Trône de fer » dans nos contrées n'y est sans doute pas étranger, car elle dévoile une part de ce qui me semble être le meilleur de l'œuvre de George R.R. Martin.

 

     Skin Trade témoigne du talent de raconteur d'histoire de l'écrivain américain. Celui-ci accouche d'une histoire très convaincante, dont l'atmosphère et le rythme captent d'entrée de jeu l'attention. À vrai dire, on est littéralement happé par l'enquête conjointe de Randi et de Willie, ne relâchant le bouquin qu'au terme d'un dénouement astucieux, assené après un crescendo éprouvant.

     À l'instar de Wolfen, Skin Trade mélange polar et fantastique. George R.R. Martin use avec brio des codes inhérents aux deux genres, conjuguant leurs ressorts sans affadir l'un au détriment de l'autre. Il désamorce de surcroît les clichés touchant à la lycanthropie, dans un sens du moins plus conforme aux attentes d'un lecteur de roman noir.

     En effet, Martin s'inscrit pleinement dans le genre policier. Tout au plus, se distingue-t-il avec un personnage de privé féminin. Pour le reste, il écrit un roman noir néo-classique dans lequel l'habitué retrouvera aisément ses marques, se coulant dans une trame animée par les traditionnelles forces occultes du capital. Et si l'homme apparaît toujours comme un loup pour l'homme, le loup-garou lui-même n'est pas moins dépourvu de prédateur, du genre sans pitié.

 

     Au final, Skin Trade se révèle comme un suspense de haute volée, classique sur le fond, mais assez enthousiasmant sur la forme. Bref, me voilà réconcilié avec George R.R. Martin...

     Cela tombe bien puisque Riverdream et Armageddon Rag reparaissent ces jours-ci.

 

 

Skin-trade.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Skin Trade de George R.R. Martin – ActuSF, collection Perles d'Épice, 2012

 

 

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commentaires

Cachou 23/03/2012 09:16


Si jamais je n'aime pas, je vais en toucher deux mots à mes cousins siciliens...

Cachou 23/03/2012 08:31


Of course, qui d'autre?
Bon, ben pour finir, je vais le lire (vil tentateur).

yossarian 23/03/2012 09:10



Tout d'un coup, j'éprouve la pression du passeur...



Cachou 21/03/2012 00:18


Effectivement, de quoi donner envie...


Et du coup, j'ai apparemment aussi la réponse à la question posée sur l'autre billet consacré à Marton (je suppose).

yossarian 21/03/2012 16:34



Aston Martin ?



Boris 01/03/2012 21:21


Bonjour, et félicitations pour votre blog que je lis avec intérêt. J'aimerais savoir, sur la photo en bas de page, quel est le livre situé entre le James Flint et le John Harrison, par
curiosité.

En vous remerciant d'avance.

yossarian 03/03/2012 11:36



Quelle question indiscrète ! ;)


L'ordonnancement de ma bibliothèque ayant changé, un peu difficile d'y répondre. Mais il me semble que c'est un roman de Jean Meckert réédité chez Joelle Losfeld. Lequel ? Je ne saurais dire...


Merci pour les compliments.