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  • : Grand lecteur de romans noirs, de science-fiction et d'autres trucs bizarres qui me tombent sous la main
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 17:57

 

     J'ai beaucoup lu et peu écrit ces derniers temps. Histoire de stimuler ce blog inerte, je livre deux compte-rendus au lieu d'un seul. On ne pourra pas dire ainsi que je ne me tue pas à la tâche pour animer la blogosphère, sphère, sphère, sphère (dixit l'écho).taxie-take-off-landing-10

     Commençons par le court roman de Sébastien Gendron, auteur dont je n'ai rien lu jusque-là. Aguiché par quelques avis favorables ici et , j'ai abordé Taxi, Take off & Landing avec un a priori plutôt positif. Certes, je suis d'accord avec le chroniqueur du site K-libre, l'intrigue est au moins aussi épaisse qu'une feuille de papier à cigarette. Limite foutage de gueule. Mais du foutage de gueule réussi. Le ton, les trouvailles langagières pour le moins imagées, l'humour aérien (je n'y peux rien, c'est le sous-titre qui veut cela), l'intrigue abracadantesque et le détournement des clichés les plus éculés emportent au final l'adhésion. Et puis, il n'y a pas tromperie sur la marchandise à la lecture de la quatrième de couverture.

Quid de l'argument de départ me demandera-t-on à raison ? Sébastien Gendron lorgne du côté des pulps et des adaptations cinématographiques de Ian Fleming. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il s'est amusé comme un fou. Une joie communicative.

     On choisit ses amis mais rarement sa famille. Une réflexion que ne s'est manifestement pas faite Hector Malbarr, individu lambda, moyen de partout, lorsqu'il accepte de se marier avec Glenda. Attablé dans dans le VIP Lounge de l'aéroport de Copenhague, attendant le retour de sa dulcinée, il succombe à une vision torride.

« Comme une scie hargneuse, elle fend le vide de cet espace pour élites. Ses escarpins, ses jambes au-dessus qui s'enfuient dans une jupe portefeuille fendue des deux côtés des cuisses, sa taille, la courbure de sa poitrine, la longueur mouvante de son cou, la rectitude de ses mâchoires, l'impression vague d'un strabisme divergeant dans son regard, ses cheveux brins et ondulés rassemblés dans une queue de cheval qui balance au rythme de ses hanches, tout dans cette machine en marche devrait me mettre en garde. »

     Peine perdue, Hector se laisse harponner par la brune piquante qui l'emmène aussi sec et trempé de transpiration, vers un avion privé à destination de l'autre bout du monde. Là sur une île, le papa de la belle, une sorte de Dr No ayant rétréci au lavage, l'attend pour lui faire subir une multitude de supplices raffinés, histoire de se venger de son ennemi mortel, un célèbre espion de sa Majesté. Mais voilà. Il y a méprise. Malbarr n'est pas le fils de l'agent du Secret service. En fait, le fils c'est sa dulcinée. Vous me suivez...

     Bref, on rigole, on ricane et on se délecte de ce détournement « aérien » mené de main de maître par Sébastien Gendron.

 

 

     Continuons avec Colère du présent, roman de l'excellent Jean-Bernard Pouy (que son scalp orne dignement le boudoir de la duchesse de Cambridge). Je suis toujours étonné par la réactivité du bonhomme, capable de pondre un bouquin, certes court, complètement en adéquation avec l'air du temps, ici les révolutions du Maghreb et le mouvement de protestation espagnol.
     De quoi est-il question ? À Arras, le Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale est l'occasion chaque année de moult débats et autres happenings accompagnés de joyeuses libations. Une fois n'est pas coutume, le salon joue les prolongations. Un noyau de gauchistes, anars, alters, de militants écolos et pacifistes se proclame « Commune Libre » et fait sécession de la République. Panique en haut lieu. On dépêche les gendarmes, puis les CRS pour déloger les fâcheux. Armes à la main, ceux-ci repoussent les forces de l'ordre. Ne reste plus qu'à envoyer l'armée pour pacifier.

     Autant vous dire tout de suite que l'intrigue prend une direction inédite, rythmé par la verve caustique de Jean-Bernard Pouy et des personnages pas piqués des hannetons, en particulier un général marchant au pas et au speed. On ne s'ennuie pas un seul instant et l'on trouve même de quoi réfléchir.

     Un propos libertaire à faire lire d'urgence à tous les manifestants ! Et vive l'utopie !

 

POUY-2011-Colere.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taxi, Take off & Landing (Roman aérien) de Sébastien Gendron – Editions Baleine, octobre 2010

Colère du présent de Jean-Bernard Pouy – Editions Baleine, mai 2011

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commentaires

BouquetdeNerfs 12/06/2011 22:09



La lecture de Colère de Présent est un vrai bonheur, j'ai beaucoup ri.


Merci pour cette idée de lecture ! Je viens manifester ma satisfaction.


Et vive l'utopie !



yossarian 13/06/2011 15:28



Tout est foutu !