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  • : Grand lecteur de romans noirs, de science-fiction et d'autres trucs bizarres qui me tombent sous la main
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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 09:31

     Les lecteurs assidus de ce blog (trois pelés, deux tondus, une chevelue, je le rappelle) connaissent mon aversion pour le thriller. Je perçois déjà leur étonnement à la lecture du titre de ce compte-rendu. À ma décharge, je confesse émettre parfois (souvent) des avis un tantinet péremptoires. Tout de même pas du genre « c'est de la merde », mais pas loin.

     Comme je suis un gars débonnaire, un peu ours, voire nounours sur les bords, je musarde quand même du côté du label, ainsi que le surnomme les experts en communication. Histoire d'avoir tort et de passer pour un grincheux parlant sans savoir. Il arrive que ce soit le cas. Pour ne citer que deux exemples, Citoyens clandestins de DOA ou La Religion de Tim Willocks m'ont enthousiasmé. Il arrive aussi que je sois conforté dans ma détestation, comme ici avec Arabian Thriller, roman que l'on pourrait résumer en une phrase : la kaaba accouche d'une souris.


      Je ne vous raconte pas comment je suis énervé à l'issue de ce machin. Ou plutôt si ! Je vous raconte...

 

     Anna Janvier, plantureuse et athlétique jeune femme dotée d'une forte poitrine, aime les gros guns et les braquemarts. Tête bien faite dans un corps n'ayant rien à envier à Clara Morgane, elle voue une haine sans borne à la dynastie des Saoud depuis que sa sœur est morte dans les attentats du 11 septembre 2001.

     Michaël de Maistre, aka Renaud Chevalier, aka Renaud le diable, déteste les moricauds, en particulier les Arabes depuis que l'un d'entre-eux a glissé son zob dans son cul. Pour tout dire, Michaël est devenu complètement désaxé depuis ce pénible épisode, faisant tout pour embêter son papa et sa maman, riches expatriés au service de l'État saoudien. Employé comme conseiller en sécurité par le Central Warrior Group, le bougre est devenu expert en barbouzerie, frayant avec le mossad, la DGSE et le FSB. Une couverture habile pour se venger.

     Anna et Michaël s'apprêtent donc à rendre la monnaie de sa pièce au Royaume, aka l'État saoudien, en visant le sanctuaire de La Mecque. Une réponse sanglante et fracassante au 11/09. Et rien ne semble en mesure de s'opposer à leur noir dessein (insérer un rire satanique).

     Rien ?

     Délaissant leur lune de miel à Venise, Stone et Charden... Pardon, Serge Sarfaty et Benazir Gurasi, d'abord de manière fortuite, puis plus consciemment, s'apprêtent à faire échouer leur projet d'attentat. Le vieux beau, amateur de poésie orientale et de mystique musulmane, et la brune plantureuse à la forte poitrine athlétique (je m'y perds) ne sont en effet pas des novices en matière de terrorisme (Cf Le Testament syriaque). Bien au contraire, on peut même affirmer qu'ils sont la terreur des terroristes...

 

     J'arrête là le massacre car, autant de pas tourner autour du pot, rien ne tient debout dans cet ersatz de S.A.S pour lecteur bien pensant de gauche.

     Pourtant, le roman commençait sous des auspices engageants. Entre érudition et fiction, Barouk Salamé convoque des considérations géopolitiques et historiques pour démonter l'aspect simpliste du discours va-t-en-guerre des idéologues du choc des civilisations. En fait, il s'avère que les choses semblent beaucoup plus complexes dans cette région du monde où mythe, Histoire, géopolitique et intérêts économiques sont étroitement imbriqués.

     À la lecture de cet Arabian Thriller, on apprend beaucoup de choses, l'auteur n'hésitant pas à nous dévoiler des théories très intéressantes sur l'Arabie pré-islamique et sur l'exégèse des textes sacrés des trois monothéismes.

     Tout ceci constitue une parenthèse salutaire, enchâssée dans une intrigue que je ne peux m'empêcher de trouver ridicule, pour ne pas dire digne d'un OSS 117, en moins bath... Une succession de cliffhangers grotesques, de personnages à la psychologie tartinée de perversions diverses et d'incohérences technologiques.

     Mais, la palme en matière de caricature revient aux personnages féminins. Entre la patronne de la PJ, au look de camionneuse jurant comme un charretier, la colonel Benazir, hystérique et hyperactive, Anna Janvier, parfaite dans le rôle de la girl kick ass, Barouk Salamé comble voire explose tous les fantasmes sur le sujet. Je ne pourrais m'empêcher de l'admirer si je n'étais aussi énervé par les cent dernière pages : un grand n'importe quoi pourvu d'un dénouement bâclé (750 pages pour en arriver à ce truc minable !!)

 

     Bref, faut que je lise de la poésie soufie pour me calmer, moi. J'oubliais : ne comptez pas sur bibi pour rempiler.

 

Arabianthriller.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arabian Thriller de Barouk Salamé - Réédition Payot, collection Rivages/Noir, mars 2012

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commentaires

ONE MORE BLOG IN THE GHETTO 29/08/2012 08:42


Et bien voilà qui est dit ! Heureux de constater que les congés ont affuté ta verve (Non, il n'y a pas de contrepétrie dans cette dernière phrase...). Bon, comme j'ai cessé de lire SAS depuis mes
14 ans...


Amitiés.


PS: "... digne d'un OSS 117, en moins bath...": Warf !

yossarian 29/08/2012 09:18



Reposé, bronzé, rhabillé et tout le toutim.


(Je constate que mes allusions drolatiques ne sont pas complètement transparentes. Je suis rassuré.)


Amitiés



Cachou 27/08/2012 10:03


(je suis très chevelue moi)(promis)


Tiens, juste une fois, j'aimerais que la tête bien pleine de l'héroïne soit dans un corps gros et moche, ça nous changerait, parce que les héros ont le droit d'être peu attirants, voire à
l'opposé des critères de beauté actuels, mais les héroïnes... Bon, commentaire inutile, mais voilà quoi.


Je n'ai rien contre les thrillers pour ma part, j'ai aimé ça, mais maintenant, je suis rarement surprise, du coup je n'accroche qu'à ceux qui ont réussi à m'avoir et à détromper mes prédictions
^_^. Et qui ne jouent pas sur les caricatures comme celui-ci donc...

yossarian 29/08/2012 09:14



J'ai corrigé. Tu seras désormais toujours créditée. La vie est belle (ou pas).