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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:38

68

     Paru à l'occasion des commémorations de mai 1968 en France, ce court texte serait sans doute passé inaperçu sans la sagacité et les monomanies du rédacteur de ce blog (je m'envoie des compliments si je veux). Ne le remerciez pas.

 

« Je n'ai jamais pu écrire ce roman. C'est vraisemblablement un roman qui ne veut pas être écrit. »

 

     On l'a vu, le mouvement estudiantin de 1968 joue un rôle déterminant dans la carrière littéraire et la vie de Paco Ignacio Taibo II. À cette époque, l'homme et l'auteur sont encore en germe. Les événements dramatiques, puis la répression gouvernementale lui donneront les raisons de se réaliser.

     Depuis le temps a passé, inexorable, imprimant à l'Histoire une tournure conforme aux attentes des vainqueurs. Mais pour P.I.T.II, ses jeunes années le hantent toujours. Des journées et des nuits de folie, entre peur et effervescence, répression et espoir, vécues avec le sentiment d'assister à un moment où la société semble sur le point de basculer. Faire table rase du passé pour concevoir un avenir meilleur...

     Entre juillet et octobre 1968, de ces 123 jours où le temps apparaît comme figé, il ne reste plus que trois cahiers de notes, jetées sur le papier pour ne pas oublier. Des souvenirs comme des fantômes. Mais la mémoire vit une existence à part. Elle résiste au-delà de ce qu'on imagine, comblant les blancs si nécessaire avec des réminiscences puisées à diverses sources. Celle de P.I.T.II reste définitivement attachée à 1968. Et s'il n'a pas réussi à transformer ses notes en roman, il espère quand même transmettre cette mémoire à d'autres avec ce témoignage, paru en 2007 dans le quotidien mexicain La Jornada.

 

« À main tendue, test de paraffine. »

 

    Récit des événements de 1968 au Mexique, tentant d'en restituer l'atmosphère avec sincérité, le court ouvrage de P.I.T.II ne se veut ni livre de combat, ni œuvre empreinte de nostalgie. Il s'agit juste d'un témoignage ne passant pas sous silence les faiblesses du mouvement, la propension à se diviser des uns et des autres sur des sujets prosaïques et les querelles idéologiques dignes des pires organisations sectaires.

     Toutefois, ce qui ressort surtout de 68, c'est la générosité du mouvement, son énergie vitale, sa créativité et ses moments de poésie et de drôlerie, malgré la violence latente des forces de sécurité, les manipulations gouvernementales et les mensonges répétés de la télé. Une impression renforcée par le découpage de l'ouvrage en chapitres brefs et incisifs.

 

     Ainsi, plus qu'un récit chronologique ou qu'une étude analytique des événements, 68 se veut le témoignage d'un acteur du mouvement, offrant à la postérité sa version des événements avant qu'elle ne disparaisse au profit de l'Histoire officielle.

 

68.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

68 de Paco Ignacio Taibo II – Éditions L'Échappée, 2008 (Traduit de l'espagnol [Mexique] par Sebastian Cortés et Pierre-Jean Cournet)

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commentaires

Cachou 13/12/2011 12:19


Toi qui aimes cet auteur, on en a parlé hier dans "Livrés à domicile" (émission belge de littérature dont il avait été question sur le forum du Bélial suite à la critique du "Dragon Griaule". A
la fin, pour "Mexico": http://www.rtbf.be/culture/litterature/les-choix-des-chroniqueurs-de-ce-lundi-12-decembre/

yossarian 18/12/2011 17:01



Merci !