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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:04

Space - - - - the Final Frontier.
These are the voyages of the starship, Enterprise.
Its five-year mission: to explore strange, new worlds, to seek out new life and new civilizations, to boldly go where no man has gone before.

 

     Les aficionados à la culture télévisuelle déviante ou désuète n’auront pas manqué de reconnaître dans l’accroche de cette chronique l’introduction du générique de Star Trek première génération. Peut-être sont-ils même traversés par un frisson rétrospectif. En ce cas, je leur conseille vivement de fermer le sas qui donne sur l’espace afin d’éviter de s’enrhumer.

     Il ne sera hélas pas question ici de cette série culte que l’on peut juger kitsch (pour ne pas dire ridicule). Déjà, j’entends retentir les soupirs de déception des nombreuses générations acquises à la Cause trekkie, au point de les voir porter pyjamas synthétiques et oreilles pointues lors de cérémonies païennes.

Non, il sera plus simplement question du roman de S-F dans lequel Star Trek puise un peu de son inspiration. Le modèle indépassable de la S-F débridée, en roue libre, totalement hors du contrôle de son auteur lui-même, j’ai nommé : La faune de l’espace d’Alfred E. van Vogt.


     Hum…


     Attaquons-nous maintenant à la bête.

     Un vaisseau gigantesque et sphérique parcourt l’espace intersidéral en quête de mondes inconnus (à l’époque, ceci n’était pas encore un poncif). Il ne s’agit pas de l’Enterprise mais du Fureteur. A son bord, environ un millier d’humains ont embarqué pour une mission de cinq années. Ils sont l’élite de l’humanité, scientifiques et militaires. Au cours de leur périple, ils rencontrent des E-T et des civilisations extra-terrestres plus ou moins hostiles. De surcroît, aux multiples périls extérieurs viennent s’ajouter les dissensions internes, cause de l’échec des précédentes missions, comprend-t-on à demi-mot. Heureusement, l’équipage compte dans ses rangs un nexialiste.

     Ce synopsis aguicheur de La faune de l’espace ne doit pas masquer la nature composite du présent ouvrage. Alfred E. van Vogt procède ici à un collage (fix-up) de plusieurs nouvelles. Ceci explique naturellement l’impression d’emboîtement maladroit que l’on ressent en lisant les quatre aventures vécues par l’équipage du Fureteur.

     A cela s’ajoute une atmosphère surannée. La faune de l’espace est un livre terriblement daté. On est même tenté d’utiliser le terme de vieillerie pour le qualifier et il faut sans doute se placer dans une perspective historique pour trouver un intérêt à le lire.

 

     La première aventure brille par une intrigue minimaliste et tout simplement grotesque. Les scientifiques y rencontrent une créature effrayante, le zorl, sur une planète déserte où finissent de s’émietter les vestiges de quelques cités antiques. Assez curieusement, ils invitent le zorl à bord sans prendre aucune précaution, allant jusqu’à lui offrir un coin de tapis pour dormir (authentique). La créature, surnommée minet par nos imprudents explorateurs, se révèle être un prédateur, une sorte de vampire psychique. Elle massacre, égorge, broie une vingtaine d’hommes sans que l’équipage ne s’en émeuve. En fait, il continue à être appelé minet tout au long de ce premier segment du roman. Au départ, on pouffe mais rapidement on se lasse d’autant plus qu’aucune tension dramatique ou vrai suspense ne vient rehausser la lecture. Le lecteur ne sait-il pas d’entrée de jeu que le zorl est malveillant.


     La deuxième aventure se distingue surtout par sa banalité. A vrai dire, l’intrigue ne sert que de faire-valoir au nexialisme. C’est un euphémisme d’affirmer que je me suis ennuyé ferme.


     Les choses deviennent plus sérieuses avec la troisième aventure. Le Fureteur rencontre le ixtl, une créature doté de la faculté de passer au travers des murs et ayant la fâcheuse habitude de se reproduire en déposant ses œufs dans le ventre des hommes. Cette histoire est incontestablement l’épisode le plus réussi. Ce n’est sans doute pas un hasard si les scénaristes d’Alien s’en sont inspirés, accentuant l’aspect horrifique et organique de l’intrigue.


     Reste la dernière aventure. En un seul mot : médiocre. On y trouve concentré tous les défauts (à mes yeux) de van Vogt : intrigue incohérente, écriture aux abonnés absents, théorie fumeuse (le nexialisme), héros surhumain et dénouement à l’emporte-pièce… Passons.

 

     S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Alfred E. van Vogt, c’est de manquer d’idées. La faune de l’espace regorge d’idées, toutes plus vertigineuses les unes que les autres. Hélas, un traitement sans éclat dessert ce foisonnement au point de le rendre illisible. Van Vogt, c’est du bruit blanc, à l’instar des querelles entre ses laudateurs et ses contempteurs.























La faune de l’espace (The voyage of the space Beagle) de Alfred E. van Vogt, roman traduit de l’américain par Jean Rosenthal

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commentaires

K2R2 18/12/2009 21:08


J'ai droit, j'ai droit de dire que Van Vogt c'est de la grosse merde ? Bon ben voilà, je le dis. Après tout nous sommes entre gens de bonne compagnie.


Nébal 07/09/2009 12:22

Et c'est loin d'être le pire...

yossarian 07/09/2009 18:33


J'en conviens.
Bah, il me reste à essayer un recueil de nouvelles avant d'épuiser le sujet. J'ai quelques craintes...