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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 15:12

     Après avoir découvert Elmore Léonard via son roman Dieu reconnaîtra les siens, je continue de parfaire ma connaissance des classiques du polar avec Charles Willeford, un auteur qui gagne à être connu comme nous allons le voir.
     Mon choix s’est délibérément porté sur un recueil de nouvelles récemment publié chez Rivages/Noir. Rien de mieux pour me faire une idée de l’univers de l’auteur, surtout qu’aux dires du webmestre du site
Moisson noire, cet ouvrage n’apparaît pas totalement dépourvu d’intérêt. Détaillons l’objet pour commencer.

     La machine du pavillon 11 comporte six nouvelles. Trois d’entre-elles sont liées au personnage de Jake Blake, un jeune réalisateur plein d’avenir dont le destin s’avérera finalement moins prometteur qu'il ne l'escomptait. Sans déflorer plus que nécessaire le recueil, disons que j’ai été séduit immédiatement par la « patte » de Willeford. L'auteur fait montre d’un talent indéniable pour dresser la psychologie des personnages et faire glisser une situation apparemment normale vers la psychose et la folie.

     Ses nouvelles sont de surcroît des attaques à peine voilées contre le système, ici personnalisé par la médecine psychiatrique, l’entertainment hollywoodien et l’armée. L’écrivain se fait mordant, ironique lorsqu’il s’agit de révéler la noirceur de notre société, de nos modes de vie et de nos piteuses certitudes. N’affirmait-il pas lui-même : « écrivez seulement la vérité, et on vous accuse de faire de l’humour noir. »


     Au moins trois textes ont retenu particulièrement mon attention.

-         La machine du pavillon 11 : le récit à la première personne de la lente dérive vers la folie d’un homme interné dans un hôpital psychiatrique dans les années 1950. Ce texte rappellera sans doute à certains le film Vol au-dessus d’un nid de coucou. Le basculement final de l'histoire est implacable.

-         Journal de Jake : le récit d’un soldat affecté à la surveillance d’un aérodrome paumé au milieu de nulle part. Ce texte apparaît au moins aussi absurde que Le désert des Tartares de Dino Buzzati. C’est sans aucun conteste, le texte qui m’a le plus marqué dans le recueil.

-         L’électromancien : une histoire truculente dans laquelle un marabout introduit le doute et la superstition dans l’esprit d’un écrivain.

 

     En définitive, ce recueil m’a donné bigrement envie de creuser l’œuvre de Charles Willeford. Cela tombe bien : La messe noire du frère Springer croupit depuis un bout de temps dans ma PAL. M’est avis qu’elle va remonter illico.





























La machine du pavillon 11
de Charles Willeford – Rivages/Noir (recueil de nouvelles traduites de l’anglais [Etats-Unis] par Christophe Mercier)

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commentaires

K2R2 03/12/2009 16:26


C'est excellent Willeford. Il faut aussi lire impérativement "Miami Blues", qui concentre tous les talents du bonhomme.