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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 10:23
       

James CRUMLEY (1939-2008)

 

     Je sais. Les cimetières sont remplis de gens importants. Mais c’est toujours un peu douloureux d’apprendre le décès d’une personne que l’on appréciait, quelle que soit la raison pour laquelle on l’appréciait. James Crumley est mort à 68 ans, le 18 septembre, suite à des problèmes de santé dus à l’alcool et à la drogue.

J’avais l’intention de lui consacrer une notule. L’idée me titillait depuis longtemps et puis, j’ai traîné comme d’habitude. Le décès de l’écrivain états-unien résonne comme un rappel à l’ordre qui me pousse à passer de l’intention à l’acte, même si cela me paraît être un bien pâle hommage. Je reviendrai donc dans un proche avenir sur son œuvre qui mérite mieux que les quelques mots qui suivent.

 




    
James Crumley partage le parcours chaotique et le rapport charnel à l’écriture de nombreux autres écrivains américains. Né à Three Rivers, un bled où il vaut mieux savoir jouer au football que lire, James se frotte régulièrement à la convivialité rugueuse de ses camarades. Le cuir tanné par les coups, il commence à travailler très tôt (vers l’âge de douze ans) tout en poursuivant ses études. Puis, il s’engage dans l’armée. Trois ans sous les drapeaux dans le corps des Marines avant de retourner à l’école. Il fréquente plusieurs universités avant de devenir professeur de littérature à Missoula dans le Montana. Ceci marque la fin d’une période durant laquelle il a beaucoup bougé, taillant la route d’un Etat à l’autre ; une route jalonnée par les bars où il use ses fonds de pantalon en consommant divers alcools sans aucune modération.

     Néanmoins, l’enseignement n’est pas du tout sa vocation. C’est la littérature qui l’attire par-dessus tout. Lawrence Durrell, Malcolm Lowry, Ernest Hemingway, Faulkner, Dickens, Fitzgerald et Chandler figurent parmi ses lectures préférées. On a connu pire comme figures tutélaires pour commencer à écrire. Son premier roman est le fruit de trois années d’écriture et je m’avance très peu en affirmant qu’il s’agit de son œuvre maîtresse. « Un pour marquer la cadence » se distingue toutefois du reste de ses romans par son intrigue noire et ambiguë qui se base sur des témoignages de vétérans du Vietnam. Ce premier pas dans la littérature ne rencontre aucun écho, ni du côté de la critique, ni auprès du public.

     Par la suite, il développe parallèlement deux séries qui mélangent humour et tragédie d’une manière rien moins que bouleversante. La première, entamée avec le roman « Fausse piste », met en scène le privé Milton Chester « Milo » Milodragovitch. La seconde qui débute avec « Le dernier baiser », prend pour héros l’enquêteur Chauncey Wayne Sughrue. A l’occasion de « Les serpents de la frontière », Crumley fait se rencontrer les deux personnages.

     Neuf romans et quelques nouvelles, cela peut paraître bien peu. C’est beaucoup s’il on tient compte du temps qu’il a consacré à faire le siège d’Hollywood. En effet, James Crumley n’a jamais renoncé à écrire pour les studios afin de vivre mieux de sa plume. Scénarii originaux, adaptations, il n’était pas regardant. Malheureusement, la malchance lui colle aux basques à l’instar de cette rencontre avec Sam Peckinpah dans les années 1980 qui ne débouche sur rien, le réalisateur mourrant trois semaines plus tard. Les portes des studios lui resteront définitivement fermées.

 

     James Crumley nous a quitté.

     Reste la route qu'il a parcouru, les bars, les femmes qu’il a décrit avec amour et une recherche du bonheur inachevée. Un quotidien partagé par de nombreux autres membres de l’espèce humaine.

 

BIBLIOGRAPHIE : (qui ne respecte strictement pas l’ordre de la première parution en France)

 

Romans

 

-         « Un pour marquer la cadence » (Noire,  1992)

-         « Fausse piste » (Bourgeois, 1988)

-         « Le dernier baiser/Le chien ivre » (Fayard, 1980)

-         « La danse de l’ours » (A. Michel, 1985)

-         « Tir aux pigeons » (SN n° 2615, 2001)

-         « Le canard siffleur mexicain » (Noire, 1995)

-         « Les serpents de la frontière » (Noire, 1997)

-         « La contrée finale » (Noire, 2002)

-         « Folies douces » (Fayard Noir, 2005)

 

Nouvelles/recueils

 

-         « Cairn/Putes » (Encrage « Blues » n° 1, 1990, Riv/N n° 92, 1990)

-         « Le bandit mexicain et le cochon » (SN n° 2544, 1999)

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